Abadennou.fr
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Site officiel de la poétesse
Silviane Le Menn
En langue bretonne "abadennoù" est le pluriel de "abadenn" qui signifie : affaire, partie (de jeu), séance, représentation (théâtrale), instant, moment.
 
 
Silviane Le Menn, webmaster
 
 
 

 

 
 
 

 

 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
  Conférence
 

 

 
MA VIE...
DEVENIR CE QUE L'ON EST

Poétesse et voyante


 
Les rencontres du paranormal
Château du Colombier à SAINT MALO, Ille et Vilaine

Conférence du 31 mars 2000
 
 
 
Bonjour ! Je m’appelle Silviane Le Menn, je suis poétesse, parapsychologue-conseil, voyante-médium et j’ai publié mon premier livre « Dans le droit fil de l’âme » au mois de mai dernier.
 
Naissance
Je suis née après la dernière guerre, en mai 1947, non loin de
la gare S.N.C.F. sur les hauteurs de Châteaulin dans le Finistère, dans une petite mansarde de la modeste maison de Marie Jeanne Le Menn née Louboutin , ma grand-mère paternelle, originaire d'une ferme du Porzay, fille aînée d'une famille nombreuse, devenue veuve au retour de son époux de la guerre des tranchées !
 
Mon père
Mon père, Pierre Le Menn, intelligent et philosophe, n’ayant pas estimé pouvoir gagner sa vie par ses talents de dessinateur et d’artiste peintre, débutait comme artisan peintre en bâtiment, sillonnant fièrement la région sur sa bicyclette, traînant une carriole remplie de pinceaux et de pots de peinture.
Mon père est né en 1921 au sein d’une famille nombreuse, très pieusement catholique, propriétaire d’une belle ferme prospère dans le Porzay, à Gorre an Dref en Ploéven.
Sa mère, ma grand-mèreMarie Jeanne Louboutin veuve
Le Menn
– était cousine
de la grand-mère de Dan Ar Braz,
mère de Franch Ar Braz, forgeron à Quéménéven.
La tante de mon père, Sœur Corentin de Jésus que nous appelions tous « tante sœur », religieuse, membre de la communauté du saint Esprit, a exercé sur ma personnalité
durant mon enfance et ma jeunesse une influence non négligeable et déjà vers l’âge de 4 ans, lorsque l’on me demandait :
- Et toi, ma petite, que feras-tu quand tu seras grande ?
Je répondais systématiquement :
- Moi, je serais bonne sœur !
Et j’étais convaincue que ce projet de vie était magnifique, que c’était la chose la plus naturelle
du monde et que chaque enfant désirait la même chose. Je me rendis compte bien plus tard
que c’était loin d’être le cas !
 
Ma mère

Quant à ma mère, Jeanne Courtay, répondant au petit nom de Jeannette, elle est née en 1924 dans un penty des montagnes noires, à Saint Thois. Sa grand-mère paternelle, Chann Goualc’h était un peu « spéciale » : elle passait le plus clair de son temps à soigner
les malades
grâce à son « don de guérison » et sa parfaite connaissance des plantes médicinales.

Ma mère a d’ailleurs hérité de sa grand-mère un amour inconsidéré des plantes, des fleurs
et de la nature
qui ne se dément pas et que je partage également sans pour autant avoir de vocation agricole. Je regrette beaucoup de n’avoir jamais connu cette arrière-grand-mère guérisseuse qui avait probablement d’autres capacités : malheureusement, elle a emporté ses secrets dans la tombe !

Ma grand-mère maternelle, Marie Autret, se maria avec un homme de 10 ans plus âgé qu'elle nommé Courtay, couvreur et braconnier qui décéda de tuberculose... Devenue veuve,
elle végéta quelques années dans une minuscule ferme - épicerie - bistrot de campagne dans la commune de Edern où elle faisait crédit à qui voulait ; j’ai compris bien trop tard, après son décès, qu’elle était très vraisemblablement « voyante » et médium. Douée d’une grande réceptivité, gentille et naïve, donc influençable, suggestionnable et manipulable, on ne peut pas dire qu’elle se soit épanouie dans la vie.

À force de dire à tout le monde qu’elle savait et voyait des « choses » auxquelles elle se référait, par exemple, pour accuser tel ou tel voisin d’avoir empoisonné l’eau du puits ou assassiné son chien, on finit par décider qu’elle perdait la tête, que ses visions étaient en réalité des hallucinations. Personne ne voulait la croire ! On déclara qu’elle était folle et on posa le diagnostic de « maladie de la persécution » : un état mélancolique accompagné d’un délire. Après une faillite inévitable, son maigre bien fut vendu.

À la suite de quoi elle fut internée pendant de longues années à l’Hôpital psychiatrique
de Morlaix où, bien sûr, les médecins l’abrutirent de drogues. Elle finit par en sortir, nantie
d’un modeste subside de l’aide sociale, lymphatique, transformée en une sorte de zombie.
Elle continua toute sa vie à ingurgiter de fortes doses de psychotropes ce qui induisit une obésité et un diabète, puis un cancer généralisé. Je pense souvent à ma chère « Mémé Kermaria » et à ses épais verres bistrots qu’elle nous remplissait de limonade-grenadine
d’un rouge éclatant. Je comprends aujourd’hui à quel point elle a dû souffrir de se sentir ainsi isolée, incomprise, maltraitée, mal aimée..
.

 
Enfant précoce
J’ai donc hérité de certains gènes spécifiques de mes parents et ancêtres ainsi que de modèles de personnalités, mais j’ai bien mal démarré ma vie. En effet, après avoir été arrachée de justesse des bras de la mort à l’âge de 3 mois, puis à 7 mois, grâce à l’intuition et à l’énergie de ma mère (il s’agissait probablement de ce que les médecins appellent aujourd’hui : la mort subite du nourrisson, c’est-à-dire lapnée du sommeil), je fus sauvée de la mort une fois
de plus, cette fois à 18 mois, par le docteur Hervé Férec, médecin visionnaire au diagnostic infaillible « d’appendicite fulgurante avec ganglions tuberculeux » qui m’expédia en urgence
à Quimper me faire opérer à la Clinique Pilvin.

Dès le lendemain, j’avais déjà récupéré, je sautais sur mon lit et criais en envoyant promener la bonne sœur avec son thermomètre. Il faut dire qu’à 18 mois je parlais déjà couramment !... J’étais donc une enfant « précoce » et si des scientifiques avaient fait des tests à l’époque, j’aurais probablement été classée dans la catégorie des enfants surdoués, des génies !
 
Rue Fontaine de la Vierge

C’est ainsi que les enfants de mon nouveau quartier, la rue Fontaine de la Vierge près de la Chapelle Notre Dame, toujours à Châteaulin, avaient grand plaisir à me hisser, toute petite, sur le mur d’ardoises, de terre et de mousse, surplombant la prairie du Vieux Bourg, afin que je sois à leur hauteur. Une fois posée sur mon piédestal, intéressés et amusés de m’entendre parler comme une grande personne, garçons et fillettes me posaient tant de questions, auxquelles je répondais le plus sérieusement du monde, que ma mère – qui me surveillait par la fenêtre de notre deux pièces mansardées – venait me chercher, très en colère, et les grondait en leur disant :
– Laissez-la tranquille, vous allez la fatiguer !

Un peu plus tard, à l’école Saint Joseph de Châteaulin – jusqu’en classe de 6ème – j’étais systématiquement l’une des 3 premières élèves de la classe, trustant les prix d’honneur
et d’excellence
dans toutes les matières y compris le calcul mental.

 
Une faculté inhabituelle

Mais, douée d’une hypersensibilité, d’un esprit trop porté à la logique et surtout d’une faculté inhabituelle appelée "voyance" (dont j’étais absolument inconsciente bien évidemment),
je commençais à souffrir, en silence ou en colère, du manque total de psychologie de la part de mes parents et de mon entourage – ignorants en la matière – qui se mirent à considérer
mes « visions » et ma trop grande facilité de parole comme de véritables tares.
Dès lors, on prit l’habitude de me répéter sans cesse « tu es folle », « tu crois tout savoir », « tu ferais mieux de te taire », « tu dis n’importe quoi, n’importe quand à n’importe qui », « tu n’es qu’une raisonneuse, tu veux toujours avoir le dernier mot », etc.…

En réalité, ils n’avaient pas tout à fait tort car il est vrai que je parlais beaucoup et chacun sait que toute vérité n’est pas bonne à dire : cela créait donc régulièrement des situations parfois très gênantes et plus que délicates. La plus grave fut celle où vers l’âge de 6 ans, ayant accusé
un voisin d’origine plus ou moins gitane d’être un voleur, cela provoqua un véritable drame.

Un soir d’automne, le père Le M. – qui avait un fusil de chasse et le sang vif – vint frapper chez nous à la nuit tombée, à la « maison jaune ». Je me souviens parfaitement de cet épisode :
le hululement de la chouette dans le petit bois tout proche, les épouvantables coups de fusil tirés dans la nuit, les hurlements de l’homme en colère, redescendu dans la cour, répétant
« je vais vous tuer », « je vais vous tuer », « sortez de là ».

Mon père – pas encore rentré de son travail – n’était pas là pour nous défendre et l’image
de ma mère, terrorisée, me passant fébrilement mon pyjama alors que je m’accrochais à son cou et me mettant prestement au lit, reste à jamais gravée dans ma mémoire.

Après c’est le trou noir, je ne me souviens de rien : probablement me suis-je endormie, terrassée par l’émotion ! La seule chose que je sais, après cette histoire, bien sûr, nous étions fâchés à mort avec cette famille Le M. et j’avais chaque jour de terribles angoisses en passant devant leur maison pour me rendre à l’école !

 
Soize Moulin
A peu près à la même époque, une voisine mystérieuse s’est aussi inscrite dans mon souvenir, ma mémoire. Sans âge,
elle était tout habillée de noir, elle venait sur le pas de sa porte, m’appelait et m’invitait à entrer chez elle. Elle m’aimait bien et n’invitait jamais un autre enfant ! Elle vivait seule et pénétrer dans son antre m’impressionnait beaucoup. Elle faisait asseoir
sur un petit banc de bois tout près de la cheminée.
Elle me donnait une petite assiette en faïence bretonne
et y déposait la crêpe de froment qu’elle venait de confectionner, toute fumante, dorée et sucrée, dégoulinante d’un beurre jaune, salé et fleurant bon. Je la mangeais à la main avec gourmandise et pendant ce temps, elle me parlait.
Soize Moulin
Je suppose qu’elle me disait des choses « spéciales », sérieuses ou tristes, peut-être même
me posait-elle des questions elle aussi ? L’intérieur de sa maison était toute noire comme elle
et, au plafond étaient suspendus un grand nombre de parapluies noirs ou sombres car son métier, son gagne-pain était de les réparer. Les seules couleurs dont je me souvienne sont la lumière
du feu dans l’âtre et les couleurs jaune, vert et bleu de l’assiette. Je ne sais pas ce qui s’est passé mais, toujours est-il qu’un jour on a retrouvé cette brave Soize Moulin pendue dans son escalier !
 
De 8 à 20 ans

Quoi qu’il en soit, à partir de l’âge de 8 ans, je sombrais peu à peu dans un état dépressif grave au point d’induire une baisse graduelle de mes performances scolaires du fait, notamment, d’un blocage de ma mémoire. A partir de ce moment, je me mis à vivre dans « mon monde », comme dans un rêve, à demi amnésique.

Pas étonnant alors qu’à l’âge de 14 ans, je me sois mise spontanément à écrire sous forme de poèmes, une façon pour moi d’exprimer par écrit une partie de ce que je ne pouvais ou de ce que je n’étais plus autorisée à verbaliser. Cela me libérait l’esprit, me soulageait et je me sentais rééquilibrée.

Et à 15 ans, je n’avais plus qu’une seule idée en tête : quitter l’école dès que j’aurais obtenu mon BEPC. Deux ans dans une école de secrétariat (le Cours Bernard, rue des Douves à Quimper)
où je me sentais complètement en porte à faux, se soldèrent par un échec : mon état dépressif ne me permit même pas de me présenter à l’examen du CAP car, après une première tentative
de suicide
, mes études officielles s’arrêtèrent là.

A 17 ans 1/2, j’entrais donc sur le marché du travail et j’exerçais durant 6 ans en qualité de secrétaire médicale à Châteaulin, dévorant toute la littérature scientifique à ma portée, me sentant soudain, dans ce contexte, une vocation trop tardive de médecin ou de psychiatre.

A 18 ans, je présentais à tout hasard l’un de mes poèmes à un concours de poésie et,
à ma grande surprise, j’obtins un accessit. Cela m’encouragea à persévérer dans l’écriture poétique et, de manière à évaluer mes capacités, mes compétences, je continuais à participer régulièrement aux concours de poésie où, comme à l’école primaire, je trustais les prix grâce auxquels j’entrais peu à peu dans la peau d’une poétesse

 
Dinéault, de 1968 à 1975
A 21 ans (Erreur de jeunesse ? Non, plutôt mon karma !), je me mariais et nous nous installions dans une maison neuve dans un lotissement à Dinéault, bourgade rurale s’il en est
(où je réside actuellement). Après une nouvelle tentative de suicide presque réussie,
je serai embauchée à la Mairie de mon domicile où je travaillerai pendant 12 ans.

Dans le même temps, mon époux Bernard Fehlen était engagé par l’écrivain breton Yann Brekilien au service du G.I.E. d’écrivains « Nature et Bretagne », mais la menace du divorce planait. Malgré cela, je donnais naissance en 1973 à une adorable petite Coralie :
le grand amour de ma vie. Mais le divorce était inévitable d’autant que mon époux avait pris
la fuite, un joli jour de mai (le 20 mai 1975 pour être exacte), en me disant « Bon anniversaire, à ce soir, je serais de bonne heure » mais je ne l’ai pas revu pendant plusieurs semaines !
Assez rapidement, la gendarmerie avait retrouvé sa trace à Aubagne où il s’était engagé secrètement dans la Légion Etrangère qui n’avait d’ailleurs pas tardé à le rendre à la vie civile, le jugeant « inadapté social et anti-hiérarchique ».
 
Seule avec Coralie
A partir de ce moment, je vécus seule avec Coralie et je me passionnais pour l’écologie, l’alimentation saine, végétarienne et biologique, l’homéopathie et la naturopathie. C’est aussi à cette époque que je créais à Dinéault l’association « Botou Skanv Dineol » se donnant pour but d’apprendre les danses bretonnes aux personnes intéressées qui étaient nombreuses.

Je n’arrêtais pas pour autant d’écrire poèmes, chansons et textes divers, mais je ne me sentais pas encore prête à publier un ouvrage. En attendant, de 1982 à 1989, je créais pour les Éditions Jack à Louannec dans les Côtes d’Armor, une centaine de courts poèmes pour cartes de vœux de nouvel an et cartes touristiques. Je me permis alors de me réjouir d’être sans doute l’un des rares poètes vivants payé par un éditeur pour écrire !
 
Philosophie de vie

En 1981, suite à ma rencontre avec une femme magnétiseuse, je commençais à m’intéresser
à la cartomancie et en 1982 j’adhérais à l’ordre Rosicrucien A.M.O.R.C., fraternité mystique et philosophique dont je cessais d’être membre quelques années plus tard mais dont je ne renie pas la valeur des enseignements. J’entrais donc dans le monde de l’occultisme, de l’ésotérisme, de la métaphysique et je me mis à étudier la philosophie, le mysticisme, la télépathie, l’au-delà, la réincarnation et bien d’autres choses encore...

Au tout début, je n’avais absolument pas conscience que cette incursion dans le monde de l’invisible, des ondes et des vibrations allait me faire cheminer pendant de longues années dans les labyrinthes de l’esprit, développant insensiblement mes facultés psychiques au fil de la souffrance des échecs et des épreuves, des expériences, de la patience et surtout de la pratique de la voyance, induisant ainsi une évolution spirituelle qui correspondant en définitive à une véritable mutation au sens génétique du terme.

 
1983 - Mairie de Paris

Stimulée par les prédictions de la fameuse magnétiseuse-médium dont j’ai parlé plus haut, j’entreprenais, en 1983, les démarches afin d’être mutée de la Mairie de Dinéault à la Mairie de Paris, dans l’espoir de faire carrière dans l’administration et de trouver ma place dans le show-business en qualité d’auteur mélodiste. En octobre, avec Coralie, je quittais donc sans regrets ma verte campagne pour la grise capitale où, pendant 6 ans, je rencontrais beaucoup de gens de tous horizons y compris des personnages politiques. Entre-temps, tout en continuant de pratiquer la cartomancie, la pratique de la méditation transcendantale m’ayant fait découvrir mon don de « voyance », j’entrepris de le pratiquer et de le développer. Très rapidement, je constatais que la pratique de la voyance m’allait comme un gant, j’abandonnais donc la cartomancie, la tarologie et mon pendule.

A cette époque, lorsque je réfléchissais afin de répondre à la question que l’on me posait de plus en plus fréquemment : « comment êtes-vous devenue voyante ? » , je pris conscience qu’en vérité « j’étais née comme ça », mais que je l’ignorais du fait que cette faculté de mon cerveau avait été, dans mon enfance, totalement occultée et étouffée par mon environnement humain ! Mais alors, ça change tout ! Si je suis vraiment née « voyante », alors j’en ai peut-être vraiment la capacité ? C’est ainsi que je commençais à prendre de plus en plus confiance en moi et à entrer petit à petit dans ma peau de « voyante » ayant le désir impérieux de me perfectionner sans cesse. Et par conséquent, je progressais !

À partir de là, bien évidemment, je me sentis de plus en plus mal à l’aise : mon « moi » commençait à se fissurer. Je me sentais assise entre deux chaises : l’administration commençait à me rendre « malade » tandis que les consultations de voyance m’apportait de plus en plus de contacts humains et de satisfactions malgré les aléas parfois assez lourds.

 
1989, départ pour Nantes
Me sentant de plus en plus marginale et, de toute façon, ayant totalement épuisé les joies de l’administration, j’en démissionnais et je quittais Paris avec Coralie et en accord avec elle, en 1989, pour m’installer à Nantes en qualité de Parapsychologue-Conseil free-lance.Ma notoriété grandit de jour en jour ainsi que ma "clientèle".

Pour la première fois de ma vie
, non seulement j’avais l’occasion de parler, mais j’avais l’autorisation, le droit de parler ! Non seulement on ne me disait pas de me taire, mais les gens me le demandaient, m’écoutaient avec respect, me remerciaient et, de plus, me dédommageaient pour ce travail. Pour la première fois de ma vie donc, je me sentais vraiment bien, je me sentais à ma place, en accord avec moi-même, mais qu’était-ce donc que cette angoisse qui me taraudait ?
 
Coralie tombe malade

La réponse à cette question tombe en 1991 comme un couperet : les médecins avaient diagnostiqué pour Coralie une très grave maladie dont j’apprendrais par la suite qu’elle était incurable : elle est atteinte d’un ostéosarcome maxillo-facial, c’est-à-dire un cancer des os
du visage.

Commença alors un vrai marathon, un véritable calvaire pour elle et moi qui durera 2 ans et demi ; nous vivions dans une semi-illusion, oscillant entre espoir farouche et énergie du désespoir, sans oublier les moments d’intense abattement et les crises de larmes. Malgré cela, je continuais d’aider les gens par mes consultations de parapsychologue-conseil, j’étais sur tous les fronts ou du moins j’essayais, malgré les difficultés. Coralie faisait preuve d’un courage sans égal ! J’écrivais toujours et, par la suite, je m’apercevrai que j’avais écrit un certain nombre de poèmes prémonitoires qui correspondaient à notre situation : la maladie grave et l’aspect plus que pénible de la vie quotidienne avec pour seule perspective, la mort... la mort de Coralie, ma fille unique, mon enfant chérie...

Cela faisait déjà un moment que je voyais la mort sur son aura, mais son père étant cardiaque et alcoolique, j’en concluais systématiquement que cela ne la concernait pas, elle, mais son père ! Je voyais donc sa mort sans la voir, mais heureusement, dans un certain sens.
Il me revint en mémoire que dans sa petite enfance je vécus dans la peur permanente
qu’elle ne meure
. Je vivais aussi d’étranges moments lors desquels je « voyais » son visage très laid ! Je me raisonnais, ne comprenant pas pourquoi, par moments, je la « voyais » si laide alors qu’elle était si mignonne. Lorsque Coralie eut 7 ans, rassurée, je ne fus plus envahie par ces anticipations génératrices d’anxiété.

 
Vision de réincarnation

En mars 1993, littéralement épuisée, me sentant coupable et responsable, dépressive car vivant sa maladie et son futur décès comme un échec personnel, suicidaire, ayant totalement perdu confiance en moi et donc incapable de travailler, par la force des choses, nous quittions Nantes en catastrophe et nous revenions nous installer dans notre petit pavillon
de Dinéault où 6 mois plus tard, Coralie me quittait pour l’autre monde avec, heureusement,
la perspective de sa réincarnation selon mes visions lors du trajet vers Brest.

Au mois de juillet 1993, Coralie dont l’état s’aggravait considérablement était conduite en ambulance au CHU de Brest. Elle y somnolait tandis qu’assise à ses côtés, je veillais sur elle. C’est alors que j’eus la vision claire, nette et positive des conditions de sa réincarnation.

Sur son lit l’hôpital, elle me dit : – Maman, je crois que je vais mourir.
Je lui répondis : – Oui, ma chérie, je le crains. Tu ne manges plus rien, tu vomis tout même les médicaments, même l’eau… Mais n’aie pas peur, maman a vu que tu vas
te réincarner bientôt, tu vas revenir. Tu verras ça sera bien pour toi, ça sera mieux.


Et je lui racontais ma vision, lui donnant tous les détails. Je concluais en lui recommandant de n’en parlant à personne… Ce serait notre secret. Mais dès que ma mère et ma sœur furent là, elle s’empressa de leur raconter toute l’histoire.

 
Décès de Coralie

Respectant sa volonté, et avec mon plein accord, sa dépouille fut incinérée, ses cendres données à la mer. L’urne fut placée au milieu du jardin, sous une grosse pierre moussue,
dans un écrin de verdure et de fleurs qui se succèdent au fil des saisons.

Coralie est décédée à 20 ans le 9 septembre 1993, mais au mois de juillet, j’avais déjà reçu l’intuition et l’inspiration d’écrire les textes qui seraient lus à la cérémonie des obsèques et, en particulier, le « Chant funèbre » qui se trouve à la page 103, poème central de mon ouvrage « Dans le droit fil de l’âme » que je lui ai dédié ainsi qu’à toutes les personnes éprouvées par la mort d’un enfant.

 
Réincarnation

Le 19 septembre 1994, soit un an et dix jours après son décès, selon mes prédictions
et à ma plus grande joie, Coralie se réincarnait dans les conditions prévues. Elle est aujourd’hui proche de moi, nous nous adorons et il y a entre nous une communication télépathique
et une complicité sans pareille.

Malgré le bonheur de sa réincarnation, je vivais plongée dans une solitude initiatique digne d’une semi-ermite, menant une vie à la fois active et contemplative, sans but clairement défini, handicapée par une santé instable, cherchant désespérément un sens nouveau à ma vie bien que n’ayant jamais interrompu ni la voyance ni l’écriture, 4 ans après le drame, j’envisageais vaguement de publier un livre.

 
Méditation et psychologie

Mais, avant cela, il aura fallu que j’achète « par hasard » un livre intitulé « Méditation et psychologie - Soigner son âme », dont l’auteur, le Docteur Jacques Vigne, médecin, psychiatre, écrivain, vit en Inde depuis de nombreuses années, à l’ashram de Sri Anandamayi,
à Haridwar, dans la vallée du Gange. Il y pratique le védânta, doctrine à la base de l’hindouisme, qui comprend les Upanishads et la Bhagavad-gîtâ, l’ouvrage le plus populaire en Inde de toute la littérature sanskrite.

Ce livre m’a sauvée ! Je l’ai lu 7 fois et davantage en ce qui concerne le chapitre 9 intitulé
« Poétique » où le Docteur Vigne traite de l’utilité de la poésie en particulier au niveau de son rapport à la spiritualité. Auparavant, j’étais totalement persuadée que mes poèmes n’intéressaient personne, mais grâce à lui, je pris conscience du contraire et fus alors convaincue que, même si ce que j’écris n’intéresse pas tout le monde, il devait certainement exister un potentiel suffisant de lecteurs pour qu’il soit intéressant de publier mes textes.

 
Auteur-éditeur

Immédiatement, après avoir eu ce déclic, motivée, je me mis au travail, encouragée, en particulier, par mon ami Yann Brekilien, qui rédigea une préface très élogieuse mais néanmoins sincère, puis par le Docteur Jacques Vigne qui avait répondu à ma lettre bien qu’il fasse retraite dans son ermitage de l’Himalaya et enfin, par le poète Charles Le Quintrec que je rencontrais dans ses quartiers d’été à Moëlan sur Mer où il se donna la peine de lire mes poèmes et de me donner de judicieux conseils non sur le fond, mais sur la forme. Il me disait, par exemple :
« Votre expression poétique est tout à fait originale et beaucoup de vos poèmes sont très beaux. C’est pourquoi, restez simple, n’en rajoutez pas ! Vous touchez juste »...

La présentation des textes et de l’ouvrage lui-même améliorée, revue et corrigée par le « maître es poésie », ayant obtenu son feu vert, je me lançais à l’assaut des éditeurs mais en pure perte. Ma patience ayant des limites et refusant d’être plus longtemps tributaire du bon vouloir des professionnels du livre, je décidai de but en blanc de devenir mon propre éditeur et ce qui fut dit fut fait malgré les difficultés, l’angoisse et surtout les problèmes de financement associés
au stress de l’apprentissage de l’informatique et d’Internet en autodidacte.

 
Dans le droit dil de l'âme
Début mai 1999, sortaient enfin des presses de l’imprimerie mille exemplaires de 200 des pages blanches souvent noircies avec facilité et rapidité au cours des 30 années passées ayant trouvé leur place dans ce livre intitulé "Dans le droit fil de l'âme" ! J’y retrace, en quatre chapitres intitulés « périodes », un résumé de mon chemin de vie et de mon évolution spirituelle. Par l’intermédiaire de ce livre, Coralie est connue et aimée ; elle continue donc
de vivre dans les mémoires et, d’une certaine manière, elle est devenue « immortelle »,
elle est passée à la postérité !
 
Se sentir exister
Publier moi-même mon livre de poèmes a redonné un but et un sens à ma vie. Cela a été
et est encore véritablement une sorte de thérapie, cela m’a beaucoup aidée à refaire surface ! D’autre part, il m’a ainsi été possible de prendre la mesure de mon évolution de conscience du fait des poèmes ayant une dimension spirituelle.

Grâce à ce livre, j’ai pu communiquer, reprendre confiance en moi, transmettre ma philosophie de vie, exprimer mes états d’âme, ma vie intérieure et surtout sortir de mon isolement pour aller à la rencontre de l’autre. En un mot, ce livre me permet d’exister de nouveau, comme Coralie.
Et se sentir exister, n’est-ce pas là une nécessité vitale et un droit pour chaque être humain,
un but fondamental de notre existence ?
 
Patrick Poivre d'Arvor
Les précieux témoignages de mes lecteurs ont justement été pour moi une reconnaissance et, par conséquent, une importante source de motivation et d’énergie. La plupart disent, comme Patrick Poivre d’Arvor par exemple, que ce livre est très beau mais surtout très émouvant. C’est la raison pour laquelle PPDA m’a fait le plaisir de présenter mon ouvrage sur LCI, dans le cadre de ses « coups de cœur », lors de son émission littéraire « Place aux Livres ».
Les lecteurs apprécient aussi les 20 illustrations dont plus de la moitié sont l’œuvre de Coralie
 
Docteur Jacques Vigne
Un témoignage important parmi tant d’autres : celui du Docteur Vigne qui m’a écrit dernièrement de sa solitude de l’Himalaya où il a relu mon livre de bout en bout et en est si touché qu’il me demande l’autorisation de publier 2 poèmes : « Le maître » et « Le silence »...
Le premier dans la revue de l’ashram et le second dans son prochain livre « Le mariage intérieur » qui traitera principalement de l’écoute du silence. Jacques Vigne est persuadé
que mon ouvrage « Dans le droit fil de l’âme » donnera une inspiration spirituelle aux gens.

Par ailleurs, il m’informe que mon livre est proposé à la bibliothèque du Centre d’Accueil International en annexe à l’ashram, fréquenté par de très nombreux visiteurs du monde entier. Tout ceci est vraiment très encourageant et « Dieu » sait à quel point j’avais besoin d’encouragements.
 
Jacques Chirac

Très important également, j’ai la chance d’être aujourd’hui parmi vous et, pour la première fois de ma vie, je suis « en entier » et non en deux morceaux. Ici, au Château du Colombier, il m’aura été possible d’exister pendant un moment sous l’angle des deux facettes les plus importantes de ma personnalité : la poétesse et la voyante. Ce n’est pas une chose couramment possible et je suis d’autant plus ravie d’avoir eu l’occasion de m’exprimer publiquement en ce lieu si convivial. Merci donc de votre écoute attentive.

Je conclurai en disant comme le Président de la République, Jacques Chirac, qui m’a récemment félicitée très chaleureusement pour mon talent et la sensibilité généreuse exprimée dans mes beaux poèmes : « Si on n’a pas le temps de lire un roman, on a toujours le temps de lire un poème ».

 
 
 
© Silviane Le Menn, 31 mars 2000
   
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Dernière mise à jour dimanche 04.09.2016 11:02
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