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Silviane Le Menn
En langue bretonne "abadennoù" est le pluriel de "abadenn" qui signifie : affaire, partie (de jeu), séance, représentation (théâtrale), instant, moment.
 
 
Silviane Le Menn
Silviane Le Menn, webmaster
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
DOSSIER EUTHANASIE
Attention ! Photos choc
Coralie : images choc !


 
 
 
J'AI TUÉ MON PÈRE
CAR IL SOUFFRAIT TROP !
Travail scolaire de Margaux Delmas
 
 

21 décembre 2013 - Bonsoir Madame,
Je suis actuellement en classe de seconde, et je viens de lire, en faisant des recherches pour
un projet, votre témoignage sur le site de maVéritéSur. Aussi je vous contacte car le travail que
je dois rendre porte sur une oeuvre d'art faite en néon "J'ai tué mon père car il souffrait trop".

J'ai donc décidé de faire un parallèle avec l'euthanasie. Lorsque j'ai lu votre témoignage
il m'est devenu primordial d'en insérer une partie dans le travail que je dois rendre.
Mais avant de faire cela je  souhaiterais avoir votre accord.

En vous souhaitant une bonne soirée, et de bonnes fêtes. Cordialement.
Margaux Delmas (Environs de Toulouse)

 
« J’ai tué mon père car il souffrait trop »
 
Cette phrase  est-elle à prendre au pied de la lettre ?

Elle est issue du texte de la chanson : « Sur la vie de mon père » du groupe Ludwig Von 88
et a été écrite sous la forme d’un  néon (comme une enseigne de magasin) par le collectif Claire Fontaine (fondé en 2004, basé en Normandie) en 2013. Cette œuvre mesure 14 x 343 x 5 cm
et est actuellement exposée au musée des Abattoirs de Toulouse pour l’exposition
« Les Pléiades ». Elle se situe dans la première salle ouverte au public, est accrochée en hauteur ce qui  donne un impact visuel sur le visiteur.
 
Photo de l'oeuvre au néon à insérer ici !
 
Les paroles de la chanson, qui pourraient en choquer plus d’un, sont brutales et frappantes. Elles permettent à l’auditeur (et dans le cas des néons, aux visiteurs) de comprendre et réfléchir à un sujet grave qu’est le parricide, ou l’euthanasie en fonction de l’interprétation que l’on fait du texte.
 
- D’un côté nous avons le parricide, acte cruel, mais parfois « obligatoire ».
Ces pères qui battent et humilient leurs enfants, qui les terrorisent toute leur vie doivent mourir
aux yeux de ces derniers. Ils ont le sentiment qu’il est de leur devoir de stopper ces horreurs,
ce calvaire quotidien.
« J’ai tué mon père car il souffrait trop » pourrait prendre le sens de
« J’ai tué mon père car sa cruauté était telle, qu’il devait en souffrir ».
 
Voici un exemple de faits réels :
 
- L'affaire Ida Beaussart (1989)
En juillet 1989, cette adolescente de 17 ans tue son père alors qu'il dormait, en lui tirant un coup de feu en pleinte tête à bout portant. L'homme terrorisait ses cinq filles, en les obligeant tous les matins à effectuer le salut nazi devant un portrait d'Adolf Hitler.

Ida, la plus fragile, était frappée, insultée et humiliée presque tous les jours. Ces tortures, qui duraient depuis plus de dix ans, l'avaient rendue incontinente. Jean-Claude Beaussart, membre d'un groupuscule d'extrême droite ultraviolent, avait par ailleurs été condamné à une peine de prison ferme pour « incitation à la haine raciale » après le meurtre d'un Tunisien en 1984.
En 1992, Ida a été acquittée lors de son procès aux Assises.

 

Un cas très célèbre : l'affaire Violette Nozière (1933)
 
Dans l'antiquité romaine, les personnes ayant commis un parricide étaient déshabillées, fouettées jusqu'au sang puis enfermées dans un sac cousu en peau de bête avec, à l'intérieur, un coq, un chat et un serpent. Le sac était ensuite jeté dans le Tibre jusqu'à la mer. Tout ceci en public.

- D'un autre côté, il y a l'euthanasie, acte qui fait débat dans la société actuelle.
Ce qui caractérise l'euthanasie est l'intentionnalité : provoquer le décès d'une personne, avec
des circonstances précises : maladie sans espoir de guérison ou souffrances intolérables.
 
A mes yeux l’œuvre du collectif Claire Fontaine fait d’avantage référence à cet aspect-ci
du texte. En effet, « j’ai tué mon père car il souffrait trop » aurait  tendance à me faire penser
à un individu qui décide de tuer son père pour abréger les souffrances (physiques) de ce dernier.
Cette phrase, cette œuvre, qui ne prend que peu de place est pourtant celle que j’ai vu en premier et qui est restée gravée dans ma tête durant toute la visite du musée.
 
J’ai  immédiatement  pensé à  l’affaire Vincent Humbert (1981-2003),
ce jeune garçon devenu aveugle, muet et tétraplégique à la  suite d’un grave accident de la route.

Ce jeune homme, suite à son accident survenu en 2000, écrit au Président
de la République (Jacques Chirac) en 2002 et ce dans le but de lui demander « le droit de mourir » afin d’abréger ses souffrances et celles
de sa mère. Sa requête ayant été refusée, cette dernière aide son fils
à partir en paix (avec  l’aide d’un médecin). Elle sera arrêtée, ainsi que
le médecin, mais en février 2006, un non-lieu est prononcé.

Cette affaire a fait beaucoup de bruit dans les médias,
et a permis d’interdire l’acharnement thérapeutique.
Euthanasie : Vincent Humbert
Un autre cas terrible : en lisant ce témoignage, « J’ai tué mon père car il souffrait trop »
s’est transformé en « j’ai tué ma fille car elle souffrait trop », mais pas dans un sens négatif.
 
« Coralie est décédée par euthanasie, à l’âge de 20 ans (1973 – 1993) au terme de 2 ans ½ d’un cancer des os du visage – un ostéosarcome maxillo-facial rare et incurable.Au fur et à mesure du développement de la tumeur osseuse, Coralie, ne pouvait plus mâcher ni manger, elle n’avait plus de nez digne de ce nom, n’avait plus de dents visibles, plus de bouche, son visage était ravagé, déformé, les hémorragies étaient fréquentes ainsi que les écoulements sanguinolents et purulents, les douleurs étaient quasi permanentes, la tumeur envahissait la face, on ne voyait plus ses beaux yeux bleus et elle devint aveugle !

C’était une impression particulièrement étrange que d’entendre sa voix douce et cristalline s’échapper de cette bouche solidifiée… atrocement difforme…
 

Les médecins, les infirmières, n'avaient jamais vu un tel cas et, même dans les hôpitaux, j'en ai vu qui devaient s'y reprendre à 3 fois avant de réussir à entrer dans la chambre de Coralie ! J’ai vu aussi des infirmières devenir « méchantes » tant elles étaient stressées et épouvantées à la vue
de son  visage. Et un jour, chez nous – alors qu’elle était en fin de vie – le médecin de garde était incapable de s’approcher d’elle, tétanisé !                                                                                                      
Depuis plusieurs mois, Coralie ne pouvait plus qu’absorber du liquide au moyen d’une paille,
et encore ! Les vomissements devenaient de plus en plus fréquents. Coralie était, par conséquent, de plus en plus maigre, devenue complètement aveugle, fatiguée de tenir sa tête devenue très lourde à cause du poids important de la tumeur osseuse qui avait envahi presque toute la face, incapable de marcher à cause de la fonte musculaire et son extrême faiblesse ! 

 En août 1993, très affaiblie, Coralie indiqua clairement qu’elle ne voulait plus aller à l’hôpital, qu’elle ne voulait pas mourir à l’hôpital, elle voulait mourir dans son lit, dans sa chambre, chez elle, dans
sa maison… et le 8 septembre 1993, elle m’a dit : - Maman… c’est maintenant… 
À son chevet, le médecin s’est entretenu avec elle durant des heures !

 Quand la décision définitive a été prise, Coralie a téléphoné aux membres de notre famille
et à ses amis pour dire : – Au-revoir, je vous aime, demain je ne serai plus là ! 
Evidemment, tout le monde pleurait et lui disait : - On t’aime Coralie !

Ce à quoi elle a rétorqué : - Mais pourquoi tous ces gens ne m’ont pas dit avant qu’ils m’aimaient ? »
 
« J’ai tué mon père car il souffrait trop »
Je me demande comment une si petite phrase de neuf mots à peine peut revêtir une signification
si importante, une douleur si profonde.


Cette œuvre si simple, qui paraît commune, nous montre que nos actes ont des conséquences irréversibles et que la mort est éternelle. Elle peut susciter l’étonnement, l’indignation,
la consternation, l’émoi, la mélancolie, la tristesse… Toute une palette d’émotions, d’un extrême
à l’autre.  

En me rendant au musée ce jour-là, je ne  me doutais pas qu’une œuvre d’art pouvait
me toucher à tel  point. Ce fut une belle découverte !
 
 
 
 
PAIX, AMOUR, ORDRE ET HARMONIE
La plus large tolérance
dans la plus grande indépendance !

Je ne peux rien pour qui ne se pose pas de questions.
Pour un mot, un homme est réputé sage pour un mot,
un homme est jugé sot.

Confucius
CONFUCIUS
Hindouisme, bouddhisme
LA VOIE DU MILIEU
Ni trop, ni trop peu !
« Connais-toi toi même,
et tu connaîtras l'univers et les dieux »
 
 
Étymologie du mot "euthanasie" : du grec, eu, bien, et thanatos, mort.

Euthanasie signifie « bonne mort » ou « belle mort ». Dans l'Antiquité, cet adjectif était utilisé pour qualifier une « mort réussie ». L’euthanasie consiste dans le fait de procurer une mort douce, sans souffrance, à des malades qui subissent d’atroces douleurs, atteints d'une maladie incurable ou qui sont en état d'agonie.

Selon le dictionnaire Larousse : Doctrine selon laquelle il est licite d’abréger la vie d’un malade incurable pour mettre fin à ses souffrances.

Le terme « euthanasie » a gardé une sinistre connotation à cause du prédateur fou Adolf Hitler
et des assassins nazis qui, pour camoufler leurs actes criminels et se justifier, parlaient de
« mesures euthanasiques » ! Ne mélangeons pas tout !

La plus large tolérance dans la plus stricte indépendance !
 
 
 
 
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© Silviane Le Menn
 
 
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Dernière mise à jour lundi 04.09.2017 11:55
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