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Silviane Le Menn
En langue bretonne "abadennoù" est le pluriel de "abadenn" qui signifie : affaire, partie (de jeu), séance, représentation (théâtrale), instant, moment.

 

Silviane Le Menn, webmaster
 
 
 
 

 

 
 
 
 
 
Conférence 
 
CONTES ET LÉGENDES
DU PAYS BRETON
Conférence du 8 novembre 2003
Association Art et Vie - Maison des Associations, Le Relecq Kerhuon, Finistère

Yann Brekilien
 
 
 
Le légendaire roi Marc'h
Le patrimoine de contes et de légendes que nous ont légué nos ancêtres est parmi les plus riches qui soient car il n'est guère de peuples qui aient autant d'imagination et de fantaisie que le peuple celte. Nos vieux conteurs n'avaient pas leur pareil pour broder à l'infini sur les vieux thèmes traditionnels conservés dans leur mémoire. Oh ! ces thèmes n'étaient guère différents de ceux que l'on retrouve dans les contes populaires des autres régions de notre vieux continent, car il y a d'un bout à l'autre du monde indo-européen un fonds commun de mythes dont les origines remontent généralement à la nuit de la préhistoire. Mais il serait vain de rechercher qui a copié qui, parce que tout provient des mêmes sources plusieurs fois millénaires. Chez les uns et les autres, les mêmes motifs se sont transmis de génération en génération.

Le thème celtique des oreilles de cheval du roi Marc'h ne diffère guère du thème hellénique des oreilles d'âne du roi Midas et l'histoire de la voile noire du bateau de notre Iseult fait penser à celle de la voile noire du bateau du héros grec Thésée. Mais il serait aussi absurde d'en déduire que les Grecs se sont emparés d'un vieux mythe celtique que de prétendre que les Celtes ont copié un modèle grec. Chaque peuple a utilisé à sa manière un certain nombre de thèmes universels et en a tiré un ensemble plus ou moins échevelé de contes et de légendes marqué de son génie propre.

En Irlande, en Écosse, au Pays de Galles, au Cornwall et en Armorique, l'imagination débordante des peuples celtiques a fait fleurir une profusion rarement égalée de ces contes populaires et de ces légendes auxquels elle a imprimé une originalité et un charme incomparables.

Au Moyen-Âge, les récits légendaires composant ce qu'on appelle la "Matière bretonne" étaient réputés les plus merveilleux de tous. "Li contes de Bretaigne sont vains et plaisants" écrivait un poète français du XIIIème siècle qui les comparait à ceux de Rome "savants et de sens apparent" et à ceux de France "réalistes"...

À ceux qui l'ignoreraient, je tiens à préciser que cette Bretagne d'où provenaient les plus belles oeuvres littéraires du Haut Moyen-Âge ne se limitait pas à nos cinq départements d'Armorique, mais comprenait tout l'ensemble occidental peuplé de Bretons à savoir, le Pays de Galles, le Cornwall, le Devon, la Bretagne armoricaine, l'Avranchin, le Chotelais... Ces divers territoires répartis de part et d'autre de la Manche avaient les mêmes traditions, les mêmes institutions politiques, religieuses et sociales, possédaient une même culture, une même littérature, ont parlé longtemps la même langue... Ce qui était aux uns était aux autres.

Néanmoins, les différences locales, tant dans sa façon de parler la langue commune que dans les structures sociales apparurent peu à peu et allèrent en s'accentuant. C'est pourquoi il existe d'importantes différences malgré leur commune origine, entre les récits recueillis au XIIème au Cornwall et dans le Devon par des adaptateurs français et anglais, ceux qui ont été mis par écrit au Pays de Galles du XIème au XIVème siècles et enfin ceux qui se sont transmis oralement jusqu'à nos jours dans le peuple en Bretagne armoricaine.

Car jusqu'à une époque récente la littérature bretonne est restée orale et populaire. Il y avait eu des bardes de cour auprès des rois de Bretagne et des grands seigneurs jusqu'aux invasions des Vikings au Xème siècle, mais l'occupation normande a détruit nos institutions et a été fatale à la culture celtique des hautes classes de la société et la culture celtique n'a été conservée que par le peuple. De génération en génération, nos paysans se sont transmis le trésor ancestral de contes et de légendes en l'adaptant à leur propre univers, à leur temps, à leur façon de penser et au besoin en modifiant ce qu'ils ne comprenaient plus très bien.

C'est pour aider moi aussi à la conservation de ce précieux patrimoine que j'ai publié en 1973, en 1990, en 1994 et en 1998 plusieurs recueils de contes et de légendes traditionnels de Bretagne.

Mais si je suis ici au milieu de vous aujourd'hui, ce n'est pas pour vous parler de mon oeuvre, mais pour vous présenter celle de ma talentueuse consœur Silviane. Je la connais depuis une bonne trentaine d'années et je puis certifier qu'elle fait partie de ces trop rares poètes dont notre Bretagne peut être fière. J'ai été profondément remué par son premier recueil "Dans le droit fil de l'âme" pour lequel j'ai rédigé la préface et que je vous invite à lire, étant persuadé qu'il ne vous décevra pas.

La dernière oeuvre de Silviane que j'ai l'honneur de vous présenter, c'est cette "Légende de Mortecampagne" à laquelle j'ai eu le privilège de participer en en assurant l'illustration.

Pour la petite histoire, c'est en regardant des dessins dans le couloir de mon domicile que Silviane m'a proposé d'assurer les illustrations de sa "Légende de Mortecampagne". Le tableau suspendu dans le couloir d'entrée est une présentation illustrée de la chronologie de L'Histoire de la préhistoire jusqu'en 1991 constitué de plus d'une centaine de dessins. Il a plu à Silviane et c'est avec beaucoup de plaisir que j'ai repris plume et pinceau.

Je dis repris, car étudiant à Paris, je croquais mes professeurs de faculté et vendais mes caricatures à mes camarades, puis, combattant volontaire dans la résistance, je me faisait passer pour l'artiste-peintre Yann Le Gouez et sous cette fausse identité, j'ai vendu des tableaux. Si l'identité était fausse, les tableaux ne l'étaient pas, je peignais réellement... il fallait bien vivre !

C'est ainsi que la première oeuvre littéraire en prose de mon amie Silviane Le Menn a été en même temps ma première oeuvre d'illustrateur et je souhaite que l'ensemble vous procure beaucoup de plaisir. Je lui laisse le soin de vous parler tout à l'heure de sa Légende pour laquelle elle a mis son cœur et son talent et qui séduira tout à la fois les enfants et les adultes.

   
 
© Yann Brekilien
 
 
 
 
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Dernière mise à jour mercredi 02.07.2014 11:44
 
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