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Silviane Le Menn
En langue bretonne "abadennoù" est le pluriel de "abadenn" qui signifie : affaire, partie (de jeu), séance, représentation (théâtrale), instant, moment.

 

Silviane Le Menn
Silviane Le Menn, webmaster
 
 
 
 
 
 
à vendre occasions
OCCASIONS
 
 
 
 
 
6 ans, en costume Rouzig
 
 
Coralie et moi en 1989
 
DOSSIER EUTHANASIE
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Coralie : images choc !
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Ma fille Coralie, 20 ans, est décédée par euthanasie
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MOI, CORALIE
MA COURTE VIE
 
 
 
Avec papa à 21 jours
Bonjour ! Je m’appelle Coralie !

Je suis née en 1973, à DINÉAULT, dans la petite clinique
de cette commune rurale du Finistère, en BRETAGNE.

Je suis morte dans cette même bourgade 20 ans plus tard,
en 1993, après avoir vécu à PARIS 17ème et à NANTES.


Mes parents s’étaient mariés un vendredi 13 — après les évènements de mai 1968 dont
ils n’avaient cure. Je ne suis pas superstitieuse mais, tout de même ! En tout cas, se marier
un vendredi 13 ne leur a pas porté chance car leur couple n’a jamais correctement fonctionné.

Au bout de 7 ans de mariage (j ’avais 2 ans), mon papa est parti, un matin, le 20 mai 1975,
le jour anniversaire de maman. Il lui a dit "Bon anniversaire, à ce soir... je serai de bonne heure" et il n'est jamais revenu ! Ensuite, la gendarmerie l'a retrouvé, dans le sud de la France, engagé dans la Légion Etrangère !

« 7 ans de malheur » pour maman*, elle a beaucoup pleuré et déprimé ― même lorsqu’elle était enceinte de moi ! Pourtant, elle était très heureuse car elle rêvait depuis longtemps d’avoir
« une petite fille aux cheveux blonds et raides et aux yeux bleus ». Ce n'était pas un rêve, plutôt une vision, car je suis née ainsi. Oui, une vision : maman ne le saura que bien plus tard, mais elle a un don  ! C’est sans doute l'une des raisons pour lesquelles elle est si sensible :
elle ressent et pressent les choses. Comme son avenir, son destin ne sont pas très brillants, c’est probablement pour cela qu’elle est souvent triste, inquiète. En tout cas, ce n’est pas mon père qui la rendait heureuse car il n’était pas sérieux, il avait un problème avec l'alcool  !

D’ailleurs, j’ai failli ne jamais venir au monde car, faute de revenus suffisants, mes parents ont dû « attendre » avant d’envisager de procréer ! Maman travaille à la Mairie de Dinéault et gagne peu d’argent ; papa travaille à Port Launay, à l’usine Doux, à l’abattage de poulets d’élevage industriel et son salaire est moindre encore. Ils doivent rembourser chaque mois une somme, importante pour eux, pour le joli pavillon construit par une société de logements sociaux
(La Ruche Finistérienne). Ils ont signé un contrat de location-attribution et, comme ils n’avaient pas d’économies, ils ont dû tout emprunter. Bref, ils ont un budget très serré  !
Ils n’ont pas les moyens de « faire un bébé »  !


Quelques années plus tard, ils se décident malgré tout, mais comme rien ne se passe, ils doivent subir des tests médicaux qui démontrent que le problème vient des spermatozoïdes peu mobiles,
trop faibles et peu nombreux ! Ils se décident de suivre un traitement homéopathique.

Enfin, maman est enceinte ! Mais, au 21ème jour de grossesse, l’œuf n’est pas encore descendu dans l’utérus (l’œuf, c’est-à-dire moi Coralie !). Il est temps que j'y aille ! Sinon maman
va mourir d’une grossesse extra-utérine ! J’ai peur de ma vie et surtout de ma mort, mais bon,
j’y vais…

Maman, qui était dans le potager, accroupie, cueillant tranquillement quelques brins de persil,
se redresse brusquement ayant ressenti une violente douleur dans le ventre : c’est moi qui vient enfin de quitter la trompe et m’installer dans l'utérus pour quelques mois… J’y suis ! J’y reste !

Mais sans doute par peur de mon triste avenir, j’y reste si bien que le terme est dépassé depuis
10 jours et que le liquide amniotique commence à « virer ». Maman a pris beaucoup de poids,
18 kg. Le 1er février 1973, je me décide enfin à venir au monde, in extremis.

La veille au soir, avant de partir pour la clinique de l’Aulne, maman qui a perdu le « bouchon », balaie tranquillement les miettes de pain sur le sol carrelé de la cuisine. A la clinique, dans
la chambre, toute la nuit, tandis que maman supporte tant bien que mal la souffrance des contractions, mon père, allongé sur un lit de camp, dort et ronfle, abruti par l’alcool.
Quel soutien moral pour ma pauvre maman paniquée !

Les échographies n’existaient pas à l’époque !  Après l’épisiotomie sous chloroforme, encore sur la table d’accouchement, le médecin lui annonce « C’est une fille ! » et maman demande aussitôt : – Est-ce qu’elle est normale ?

Le docteur Jean Huet, de Châteaulin, éclate de rire et lui répond :
– Mais oui, bien sûr !
Elle rétorque, un peu dans les vaps :
– J’en voudrais un deuxième !
Le toubib rit encore :
– Attendez un peu, quand même !

Maman est rassurée !
Ce qui ne l’empêchera pas de vivre dans une sourde angoisse. Elle a peur qu’il m’arrive « quelque chose », que je meure !
Cette angoisse permanente la quittera seulement lorsque j’aurais atteint l’âge de 7 ans. Là, elle est enfin rassurée car, excepté un exanthème subit, un faux croup et une pseudo rougeole,
je ne suis jamais malade ! 

Je suis en bonne santé, bien vivante, gaie, dynamique, douée d’une vive intelligence malgré mon traumatisme crânien, lorsqu'à 3 ans, je suis tombée de mon lit à 3 heures du matin, parce que je rêvais que ma poupée était restée dehors,
sous la pluie...
Naissance Coralie
 
Coralie à 12 j.
A la clinique de l’Aulne les visites se succèdent et, au-dessus de mon berceau, mon oncle Jean Claude s’étonne : – Elle n’a pas de cou ?

Mais si ! Mais si !
Mais je suis encore toute recroquevillée, pauvre petite chose, déjà sur la défensive ! Je pleure sans cesse sauf dans les bras
de maman qui m’aime déjà tant. Maman refuse les médicaments pour « empêcher la montée de lait », ça fait belle lurette qu’elle a décidé
de me nourrir au sein, même si on lui affirme que c’est démodé !
Elle est un peu "écolo" !
J'ai une petite tête toute ronde avec un crâne chauve et, à l’arrière, une couronne de cheveux,
une sorte de tonsure de moine. Maman se désole car ma soie de cheveux a un reflet roux qu’elle n’aime pas vraiment. Bon ! Disons blond vénitien ! Heureusement, en grandissant, mes cheveux seront blonds et, au-delà de l’enfance, châtain clair.

Ouf ! Ça y est, enfin, je suis née ! Pas très jolie, rougeaude, crispée, me voilà ! Je suis née ! Heureusement, maman m’aime plus que tout au monde car le parcours du combattant est déjà commencé ! Personne ne le sait encore, sauf moi, mais je ne peux rien dire : comme tout
nouveau-né, je ne parle pas et je suis censée ne rien savoir, ne rien penser
Je pleure, c'est tout...


Je vous laisse... je vais me dépêcher de remettre le compteur de ma mémoire à zéro afin d'essayer d'être un peu heureuse avant mon cancer, avant mes 18 ans... Puisque je suis là maintenant, autant que j'essaye de profiter au maximum de ma courte vie !
 
* Maman est de santé fragile : elle souffre depuis sa naissance du syndrome d'apnée du sommeil, mais elle l'ignore ; elle ne sera diagnostiquée et appareillée qu'en 2006 !
Naissance Coralie 1.2.73
 
 
 
 
 
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Dernière mise à jour mercredi 02.07.2014 23:33
 
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