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Site officiel de la poétesse
Silviane Le Menn
En langue bretonne "abadennoù" est le pluriel de "abadenn" qui signifie : affaire, partie (de jeu), séance, représentation (théâtrale), instant, moment.

 

Silviane Le Menn, webmaster
 
 
 
 
 

 

 
 
 
Africaine et parapluie
 
 
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BONJOUR DU CAMEROUN
 
 

Je pense à vous, mais le temps manque en vacances, comme vous le savez. Je suis très occupée
à découvrir, à visiter, à profiter. Quoi qu’il en soit, l'Afrique est égale à elle-même… et l’arrivée
sans encombre à l’aéroport de Douala a été moite et épique, mais enthousiaste.
Par rapport à la Bretagne, le dépaysement est radical.
 

Après quelques longueurs dans l’eau très tiède de la piscine de la concession Bali, en plein centre de Douala, nous avons tâté de la pizzeria libanaise. Re-re-piscine, puis nous avons investi
le Broadway, cabaret night-club où nous avons pu applaudir de talentueux artistes camerounais.
Au Centre Culturel Français, nous avons assisté à un spectacle étonnant d'un groupe de world music du Tchad.

Ah ! J’allais oublier de vous parler des margouillats, ces placides lézards – vifs et très curieux –
aux écailles en camaïeux de gris excepté une large zone aux pigments corail-vermillon.
Près de la piscine, sous le cocotier, ces autochtones m’observent en faisant des pompes et
– attention –s’élancent, filant entre les pieds ! Ils sont vraiment trop mignons… Après la natation, attention de ne pas chuter en glissant malencontreusement sur une juteuse et huileuse noix
de palme
, rouge-brun-or lorsqu’elle est bien mûre et, par conséquent, tombée à terre, gisant dans l’herbe large et dure appelée pelouse, méticuleusement rasée à la machette par les jardiniers ainsi que les haies de fins bambous verts poussiéreux.
 

Les vacances scolaires enfin démarrées, quittant la sorte de ghetto de luxe de la concession
et sa piscine de mosaïque bleue, nous quittons Douala et sa vie bouillonnante pour séjourner
dans un fantastique endroit de l'Ouest, en pays Bamoun, au-delà de Foumbot  – célèbre pour ses cultures maraîchères de haricots verts.

Tout au long de la route, attention aux fondrières, aux nids de poules, aux troupeaux de zébus.
Tout au long de la route, contrôles de police, contrôles de douanes, contrôles de la prévention routière : on ne sait plus si c’est rassurant ou inquiétant ! Et n’oublions pas les péages et leur kyrielle de petits vendeurs en tous genre : ananas, poisson fumé, noix de coco, eau glacée, noix
de cola, bâton de manioc, papaye, cacahuètes, etc.

Nous avons séjourné, dis-je, dans un domaine très « classe » (un  énorme caprice de milliardaires) : un golf qui se veut être aux normes des compétitions internationales ! Essayez donc de faire pousser des hectares de gazon anglais dans un tel pays ! Heureusement, l’eau est pompée directement dans le lac pour l’arrosage automatique, mais tout de même, le groupe électrogène tourne en permanence et consomme un maximum. C’est angoissant !

De plus, il y a intérêt à rapporter des tonnes de terreau spécial, sinon le gazon anglais ne voudra jamais pousser ! Le domaine possède également club-house, bungalows, bougainvillées, roseraies, etc... au bord d'un lac d'altitude (station climatique et sportive). Tout cela est ahurissant !
Mais cela ne nous a pas empêché d’apprécier les menus – dignes d’un hôtel 4 étoiles – et le cadre paradisiaque à leur juste valeur. Nous avons nagé dans le lac (un des rares endroits où l’eau reste très très fraîche mis à part l'eau du réfrigérateur !).

Nous avons visité les alentours du lac dans un Toyota 4x4 avec Félix, le chauffeur mis aimablement à notre disposition par le propriétaire qui a fait fortune dans le savon et les cosmétiques.
Après avoir circulé sur la piste plus que rustique qui fait le tour du lac, nous sommes montés (toujours en 4 x 4) au sommet du volcan d’où la vue sur le lac de cratère est imprenable
et vertigineuse. D’après Félix, le lac de cratère est le maître du lac ! (En clair, il y a le lac supérieur et le lac inférieur).

Puis nous avons poussé jusqu’au village des Bororos où j’ai eu la déconvenue d’apprendre que
je ne pourrais rencontrer la célèbre guérisseuse indigène Mme Titi, pour cause de maladie
et d’hospitalisation. La pauvre ! Comme quoi le cordonnier est toujours le plus mal chaussé !

Au domaine, le "truc drôle" c'était le "pédalo électrique" pour naviguer paisiblement sur le lac : sorte de grande caisse en bois surmontée d'un dais en bois, posée sur un assemblage de bidons
en plastiques de récupération, le tout doucement propulsé par un petit moteur électrique 5 vitesses, l'ensemble peint en "green" (vert jardin). C'était très paresseux mais très sympathique de pouvoir sillonner le lac et longer les berges en admirant le volcan, les brûlis, les collines, le golf dénudé,
le club-house, la brousse et les étendues de nénuphars roses pales veinés de mauve clair...
tandis que de courageux pêcheurs des villages voisins patientaient – assis dans l’eau sur des radeaux de bambous – des heures pour attraper quelques carpes rouges d’eau douce et assurer le ravitaillement du soir.
 

Nous passons donc d'un extrême à l'autre : d'un complexe pour milliardaires – 120 hectares pour 40 jardiniers – à la plus extrême pauvreté de certains villages couverts – en bordure de piste – d’une épaisse couche de latérite, cette terre rougeâtre et glissante, même sèche (j’en ai personnellement fait l’expérience).

Les bidonvilles de Douala abritent tant bien que mal tous ceux qui sont venus tenter leur chance « en ville ». Les belles villas avec piscine des européens privilégiés (comme nous) abritent
les directeurs, les ingénieurs, les professeurs, etc.…,  leurs enfants, leur cuisinière, leur ménagère, leur jardinier, leur boy, et aussi les gens (comme moi) venus en vacances pour visiter la famille (parce que sinon le Cameroun n’est pas franchement touristique). Tout me semble étrange, tout
a l’attrait de la nouveauté. Mes yeux observent furtivement toutes les scènes. Le spectacle est permanent.

Kribi, charmante station balnéaire bordée de kilomètres de plages exotiques, nous attend
à partir de dimanche pour quelques jours.

Mais dimanche dernier, nous nous baignions sur la plage de sable noir de Limbé – au pied
du mont Camerounvolcan toujours embrumé et quasi invisible, dont une impressionnante coulée de lave a récemment submergé une portion de la route principale, après Limbé. Le sable noir
est peu ragoûtant et pourtant, il est si fin qu’il est d’une douceur extrême : on croirait marcher dans de la poudre de soie. Le sable et les micro-particules de lave en suspension dans les rouleaux poncent la peau qui s’adoucit, sorte de peeling gratuit offert par la mer !

Je souris en me regardant : ici, les occidentaux, même bronzés, paraissent plus blancs que blancs. Quel contraste avec leurs pieds tout noirs ! Leurs enfants jouent dans le sable, involontairement déguisés en petits ramoneurs savoyards, tout barbouillés de noirnoir cendre, noir sale !
Mais j’ai vite appris à l’aimer ce délicieux sable noir lavé par cette mer chaude. Si chaude que
l’on a froid quand on en sort, surtout si la pluie s’est subitement mise à tomber, ce qui arrive fréquemment en février. Les habitants disent « les petites pluies des mangues », car c’est
la saison des petites pluies et aussi la saison des mangues – ces fruits si succulents au gros noyau oblong. 

Quelques petites aventures donnent un peu de piquant supplémentaire à nos tribulations. Souvenir mémorable, que ce jour où nous sommes allés à la pêche, au large, avec le zodiaque. À ma grande surprise, j’ai attrapé mon premier barracuda, le premier et le dernier... Un pauvre petit de 700 g environ qui n’a pas eu de chance, dès le matin. J’ai eu peur en le voyant sortir de l’eau tout frétillant, j’ai crié et je lui ai demandé pourquoi il avait de si grandes dents pointues puisque c’est nous,
les requins, qui allions le manger. Je me suis souvenue que, dans le temps, j’étais végétalienne !
Le temps passe ! 

Bref, tout va bien (à part les moustiques). Grâce à ma sœur Marie-Pierre, mon beau-frère Daniel et les enfants – enfin, les jeunes – Jonathan, Gwenole et Enora, je passe un séjour diversifié, dynamique et passionnant. Je prends beaucoup de notes sur mon calepin marron pour ne rien oublier ! Lorsque j’écris, les africains (les noirs) et les européens (les blancs) me regardent :
ils me prennent pour une journaliste ou pour un écrivain ! Ça c’est vraiment très drôle ! J'ai pris aussi des photos, bien sûr, mais pas trop car les Camerounais sont peu enclins à se laisser photographier excepté lorsqu’on les connaît déjà ou lorsque c’est bon pour leur commerce.

Je vous laisse pour aujourd’hui, c’est l’heure de la sieste. Et puis, je ne peux pas tout vous raconter !!! Vous lirez peut-être la suite et les détails dans un bouquin – un récit de voyage.
Un jour… Qui sait ? Si Dieu veut, comme disent les Martiniquais ! En attendant, bien le bonjour
de la part de toute la famille.

Je pense bien à vous sous vos différents climats.

Kenavo. Da gallon -
Bye bye. Peace and love -

Au-revoir. A bientôt.

(Envoyé via Internet en février 2004)
Famille à Douala
Golf de Petpenoun
Petpenoun
Pygmées
Bananiers
Ancien volcan et lac de Petpenoun
Pêche au barracuda
Piscine, concession Bali, Douala
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
© Silviane Le Menn, février 2004
 
   
 
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Dernière mise à jour vendredi 05.06.2015 11:46
 
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