Le
lundi 1er septembre, au bord de l'Aulne en Finistère,
lors du dîner-débat, tu as parlé
du mérite personnel, tu as parlé de l'épanouissement
de l'homme grâce à la récompense
de l'esprit d'initiative et de l'effort créatif
dans le travail. Tu as parlé du retour aux valeurs,
des femmes,
de l'énergie, de la réconciliation.
Tu as parlé de confiance, de volonté,
de courage, de franchise, d'honnêteté,
de vérité brutale, d'esprit civique et
de morale. Tu as bien parlé !
Tu as parlé, semble-t-il avec ton coeur, avec l'intelligence du coeur et non avec l'intellect inhérent
aux diplômes. Je n'ai pas senti chez toi l'aspect
"très imbu de lui-même" si néfaste
à l'homme public, à l'homme élu,
aspect que l'on perçoit très rapidement
– si tant est que l'on soit attentif – dès
que l'on gravite dans l'entourage d'un élu parisianiste
ou régionaliste, trop souvent carriériste,
obtus, illusionniste, égoïste, égocentrique,
nombriliste, cabotin, mythomane, incompétent
ou hystérique, et doué, avant toute chose,
d'un don incontestable d'élocution et d'ascendant sur autrui.
Il m'a donc semblé ressentir chez toi une base
stable de philosophie de vie humaniste qui gagnerait
à être définie, développée
et davantage exprimée publiquement en cette ère
du Verseau, car il y
a plus de coeurs attentifs et espérant
que l'on ne croit : "L'an 2000 sera spirituel ou ne sera
pas (André Malraux)". Es-tu Franc-maçon,
bouddhiste, Zen, Confucianiste, Juif ou Chrétien
?
Peu importe : Soit !
En cette fin de siècle moderne, la société
super-technique, médiatique, télématique,
société de progrès, de loisirs
et de consommation, exclusivement axée sur le processus de croissance et de rentabilité, préférant
la quantité à la qualité, voit
se creuser de jour en jour un profond ravin entre les
promesses de bonheur et le Bonheur, car les hommes ont
oublié l'essentiel : la dimension humaine, la Personne, le respect des lois naturelles. Ainsi, l'homme normosé se névrose et
la société
se sclérose.
Tu as dit qu'il est nécessaire de trouver maintenant le moyen "d'écouter
la base" (évidence très ancienne), le petit peuple obscur mais pensant dont je fais partie.
L'humilité étant l'opposé
de l'orgueil,
de l'auto-satisfaction (mal courant à droite
comme à gauche), de la vanité : avoir
l'humilité et la simplicité de savoir
écouter les humbles, vaste programme pour les
élus et les responsables ! Demain, beaucoup à
dire !... Encore ne suffit-il pas d'écouter plus
ou moins poliment, encore faudra-t-il en tenir compte concrètement.
J'aime à penser que dans un avenir proche ma lucidité ne sera pas prise en défaut et
que
tu apporteras la preuve que ton cœur et ton
esprit étaient en accord sincère avec
ton
discours, que tu démontreras que tu es une
personne authentique.
Dans un esprit civique et de service, j'ai passé
un certain temps à "prêcher dans le
désert". Mais
il n'y a pas pire sourd que
celui qui ne veut pas entendre et il n'y a pas de pire aveugle que celui
qui ne veut pas voir ! Et pourtant,
des heures difficiles se préparent à Paris,
en France
et dans le monde. J'ai tenté en vain
de tirer quelques sonnettes d'alarme. Hélas !
Mais "C'est avoir tort que d'avoir raison trop
tôt" (Marguerite Yourcenar).
Alors, je lève
les bras au ciel et je dis "Inch Allah !".
Et pourtant, le jour arrivera où, par la force
des choses graves et, néanmoins, par la grâce
de « Dieu », les hommes se retrouveront
bien loin des préoccupations majeures exclusives
et prioritaires du plan matériel et avant tout financier qui prédominent actuellement... Car
il est des êtres dont les yeux sont seulement
un peu myopes et qui ont seulement un baladeur sur les
oreilles.
L'homme disposant d'un pouvoir temporel a perdu le "bon
sens paysan", ceci dit dans le sens noble du terme
: il adore le "veau d'or", le dieu Argent,
il se prend pour superman, voire pour "Dieu"
ou pour un dieu ! Et pourtant, qu'emportera-t-il avec
lui à sa mort dans l'invisible, dans l'au-delà
? Seulement son âme et son esprit : "Et l'œil
étant dans la tombe et regardait Caïn !".
Tu as parlé de l'homosexualité. Est-ce
un bienfait pour l'humanité à notre époque
soi-disant "évoluée" de vouloir institutionnaliser l'homosexualité ?
Qui cherche
le « gène » responsable ???....
La tolérance n'est ni le laxisme, ni la normalisation systématique.
"L'erreur ne devient pas vérité
parce qu'elle se propage et se perpétue" (Gandhi).
Est-ce pour rassurer à tout prix les acteurs
d'une époque en décadence et dégénérescence,
qu'il semble bon de légaliser à tout crin,
de légiférer, d'institutionnaliser et
de normaliser les tares
de la société "moderne de progrès" (!) : la délinquance,
la pollution, l'obésité, la maladie, les
stupéfiants, l'alcoolisme, le tabagisme, la caninose,
l'hypnotisme télévisuel et médiatique, etc...
Ne vaut-il pas mieux éduquer l'homme et lui apprendre
à devenir un adulte pleinement responsable. Hélas
! Dans notre société idiocratique, l'élu au cerveau embrumé par les bulles de son égo,
n'éprouve pas la nécessité de se
poser les questions fondamentales.
Ressasser les erreurs du passé et poser les vraies
questions ne font pas avancer le "schmilblick"
dis-tu. Mais, qu'est l'avenir sans le passé et
le présent ? Le présent prend inéluctablement
sa source dans les pensées et les actions du
passé, et l'avenir prend racine incontournablement
dans la réalité du présent. Il
ne suffit pas d'espoir distillé publiquement
– au moyen de belles paroles qui suscitent l'enthousiasme
– pour construire, il est nécessaire qu'en
naissent des actes.
Et la première action
d'un homme responsable est d'être responsable
de lui-même,
de ses paroles et de ses actes.
Exercice périlleux que de diriger les hommes
sans conscience élargie. Chaque matin, la première
question d'un élu devrait être avant toute
chose :
– Suis-je en mon âme et conscience digne en tous points de la confiance des électeurs ?
– Suis-je transparent ?
Après seulement, il a le droit de se regarder
dans la glace et de se sourire comme à un ami,
en accord avec lui-même, en harmonie, en accord
avec sa conscience. Mais qui parle aujourd'hui
de la
conscience ???...
Tu n'as pas parlé de l'évolution de la
conscience qui seule peut faire évoluer l'homme
et
la société dans la bonne direction.
Le pouvoir et les biens temporels sont transitoires.
Le pouvoir et la richesse spirituelle sont éternels,
la conscience est éternelle.
Pris dans les innombrables et incessants tourbillons
de la vie moderne si soucieuse de rentabilité,
si soucieuse de "gagner du temps", l'oeil
rivé sur la pendule (qui sait que le temps n'existe
pas ?)
et leurs relevés bancaires, peu d'hommes
de notre époque ont la chance de pouvoir et savoir
prendre le temps de méditer afin de se poser
les vraies questions existentielles :
– Où et comment trouver la voie du milieu,
le juste milieu ?
– Où et comment trouver le chemin qui mène
au centre, au cœur de l'homme ?
Pourtant, lorsque la réponse à ces questions
est enfin entendue, peut alors s'installer la paix intérieure,
celle qui fait la valeur de l'homme pleinement conscient de la vie, celle qui fait aimer la vie et respecter les hommes ainsi que la nature, car nul ne peut vivre
au-dessus des lois de
la nature. Lorsque s'installe
en soi la paix qui amène la puissance conforme
à l'idéal de l'être profond, s'installe
aussi le vrai pouvoir qui permet de ne plus être
conscient que de l'essentiel
et d'axer son oeuvre, son
travail, sa vie, son service autour de cette charnière
fondamentale et éternelle.
Avant d'avoir des droits, l'homme a des devoirs et le
premier devoir de l'homme est de mériter dignement et de ne pas abuser des privilèges que Mère
Nature a bien voulu mettre à sa disposition sous
peine de se voir priver de ces privilèges, le
premier de ces privilèges étant la vie.
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